Civilopédia[modifier | modifier le wikicode]

Histoire[modifier | modifier le wikicode]

L'empire mongol fut le plus vaste empire contigu de l'Histoire : il s'étendait du Danube à la mer du Japon et de la Sibérie au Cambodge, ce qui représente environ 22% de la surface du globe. Malgré leurs humbles débuts, lorsqu'ils n'étaient qu'un assemblage désordonné de tribus nomades, les Mongols ont profondément bouleversé le monde antique et sont devenus l'une des puissances militaires les plus puissantes et les plus craintes au monde.

Géographie et climat[modifier | modifier le wikicode]

Vaste contrée d'Asie orientale, la Mongolie présente une géographie accidentée et diversifiée, avec ses vastes montagnes escarpées au nord et à l'ouest, ses steppes verdoyantes au centre et le désert de Gobi le long de la frontière sud. Les steppes devraient pouvoir servir de pâturages pour les troupeaux, mais le rude climat de Mongolie en a décidé autrement. Les étés sont courts et chauds alors que les longs hivers très rudes recouvrent le pays d'un blizzard dévastateur (appelé zud), rendant les pâturages inutilisables une grande partie de l'année. Il n'est pas rare que les températures atteignent -30 °C en hiver.

Les premières années[modifier | modifier le wikicode]

Dès le Paléolithique, les tribus nomades dominent les territoires mongols. Ces tribus pratiquent l'élevage, mais également la chasse, et ne se déplacent que pour surmonter les rudes hivers et les étés secs. Cavaliers et archers émérites, ils sont particulièrement doués pour le combat monté. De temps en temps, certaines tribus forment des confédérations comme l'alliance des Xiongnu en -221. Jugées suffisamment menaçantes par la dynastie Qin pour entreprendre la Grande Muraille de Chine, ces formations inorganisées n'ont pourtant pas de réel pouvoir. Pendant plusieurs siècles, de nombreuses tribus tentent de s'unir mais ces fragiles alliances ne résistent pas aux rivalités internes et aux disputes incessantes au sujet des yourtes, des chevaux, des femmes ou des droits de pâturage.

Les débuts de Temüdjin[modifier | modifier le wikicode]

Lors d'une période particulièrement agitée, le jeune fils d'un chef mongol du nom de Temüdjin soumet la cruelle tribu des Merkit. Impressionnée par sa victoire et l'obéissance de son armée (il avait interdit le pillage et le viol, ce qui était plutôt inhabituel à l'époque), une assemblée de chefs lui confère le titre de khan et le contrôle de la tribu.

Ses oncles et ses cousins ne sont cependant pas ravis de l'ascension soudaine du jeune homme et tentent de lui prendre le pouvoir par la force. Toutefois, au cours d'une grande campagne militaire (1203-1205), Temüdjin anéantit ses rivaux et en profite pour s'emparer des dernières tribus libres. Pour la première fois de l'Histoire, un homme avait unifié toutes les tribus mongoles. En 1206, il reçoit le titre de "Gengis Khan", le souverain universel. L'empire mongol était né.

La vie dans l'empire mongol[modifier | modifier le wikicode]

Gengis est principalement connu pour ses exploits militaires et ses conquêtes mais c'est uniquement grâce à une discipline de fer qu'il peut maintenir l'ordre dans son empire. Il crée pour cela un code de lois, la Yassa, qui s'applique à tous les citoyens de l'empire, qu'ils soient nobles ou gens du commun. La Yassa punit sévèrement toute désobéissance (généralement par la mort) et garantit la liberté de culte pour tous. Toute forme de vandalisme est interdite et les employés du gouvernement sont choisis pour leurs mérites, non leur naissance. Malgré son étendue et les différentes populations qui le composent, l'empire mongol est incroyablement bien dirigé et constitue l'un des endroits les plus sûrs de la planète, à condition d'en respecter les lois. Toute cité qui ne respecte pas les décrets du khan est systématiquement rasée.

De grandes routes commerciales traversent l'empire de part en part et permettent de circuler librement d'Europe jusqu'en Chine. Un système de courrier particulièrement efficace, le Yam, est également instauré. Son principe sera repris par la suite par le Pony Express américain. Avec la construction de routes, des impôts équitables et l'enseignement de l'écriture à tous les citoyens, la vie est étonnamment agréable dans l'empire, à condition d'obéir au khan.

Une superpuissance mondiale[modifier | modifier le wikicode]

Avec un tel gouvernement, soutenu par la puissance des cavaliers et archers mongols, les états tombent les uns après les autres sous la bannière mongole. À la mort de Gengis en 1227, l'empire mongol s'étend du Pacifique à la mer Caspienne, ce qui représente deux fois la taille de l'empire romain à son apogée. Ses successeurs poursuivent la conquête des territoires voisins pendant les quatre décennies suivantes.

En 1258, les armées mongoles prennent la ville de Bagdad, tuant le calife qui refusait de se rendre. Avec cette capture, la porte vers la Syrie et le reste de l'Europe est désormais ouverte. Quelques petites expéditions sont envoyées vers l'Ukraine et la Pologne, mais le gros de l'armée ne parvient pas à franchir la Syrie. Traités et courriers sont envoyés par le khan à plusieurs pays européens dans l'espoir de former des alliances pacifiques et d'éviter la guerre.

Guerre civile et fin d'une époque[modifier | modifier le wikicode]

Les Mongols auraient pu poursuivre leur expansion jusqu'à l'Atlantique si la mort d'un membre de la famille régnante n'avait forcé le frère de Kubilaï Khan, Houlagou, et son général occidental, à se retirer d'Iran. La Syrie et les nouveaux territoires occidentaux en profitent alors pour reconquérir leur indépendance.

Houlagou et son cousin Berké (un général de l'Est) commencent à s'accuser mutuellement des morts suspectes qui surviennent parmi leurs hommes, divisant par leur querelle les armées et territoires de l'empire. Kubilaï Khan réprime rapidement les révoltes internes et envoie les armées reconquérir les territoires étrangers. Cependant, la solidarité de l'armée et du gouvernement mongol n'est plus aussi forte qu'autrefois. La chute de l'empire vient de s'amorcer.

De nombreuses querelles intestines entre la famille régnante et ses généraux sévissent pendant plusieurs siècles, affaiblissant toujours plus l'empire. Avec la mort du khan en place en 1335, la Perse sombre rapidement dans l'anarchie. L'apparition de la peste à la même époque décime le gouvernement, met un terme aux relations commerciales avec les alliés de l'empire et prend la vie de millions de citoyens. Conséquence inévitable : le chaos s'installe.

Rapidement, les provinces occidentales tombent, suivies par la perte de la Chine en 1368. Les derniers Mongols retournent dans leur pays d'origine, formant à nouveau des petites tribus distinctes. En seulement trente ans, l'empire qui autrefois dominait le monde était réduit à néant.

Domination chinoise[modifier | modifier le wikicode]

Au cours des trois siècles suivants, les Mongols perdent peu à peu leur pouvoir et retournent pour la plupart à leur mode de vie tribal avec la mort du dernier khan en 1634. En 1691, la Mongolie actuelle tombe sous la domination chinoise, dont elle se libère en 1911. Pendant cette période, l'irresponsabilité de la noblesse envers ses sujets ainsi que le système injuste de taxes pratiqué par la Chine suffisent à plonger le pays dans la misère.

Une nouvelle Mongolie[modifier | modifier le wikicode]

Avec la chute de la dynastie Qing en 1911, la Mongolie déclare son indépendance. Celle-ci sera de courte durée car en 1919, le pays est reconquis par Xu Shichang. Mais c'était sans compter sur l'aide des Russes, qui repoussent l'occupant chinois deux ans plus tard. En 1924, suivant l'exemple de l'URSS, la République populaire mongole est proclamée.

La vie sous le régime communiste n'est pas facile. Tout le bétail devient possession du gouvernement, les monastères bouddhistes sont détruits et leurs moines assassinés. Des affrontements ont lieu constamment à l'intérieur et aux frontières du pays, semant la discorde dans la population. La pauvreté ne fait qu'empirer.

Présent et futur[modifier | modifier le wikicode]

En 1992, influencée par la perestroïka menée par Mikhaïl Gorbatchev en URSS, la Mongolie connaît une révolution pacifique vers la démocratie, qui mène à l'avènement d'un système multipartiste et d'une économie capitaliste. Le pays vote une nouvelle constitution et prend le nom de Mongolie. Malgré des premières années mouvementées, le pays est devenu depuis une puissance industrielle importante grâce à ses nombreuses ressources minières. Jeune pays, la Mongolie a formé des alliances bénéfiques avec les grandes puissances mondiales, comme le Japon, les États-Unis et la Chine, et cherche désormais à améliorer le niveau de vie de son peuple pour un meilleur futur.

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